Intelligence artificielle, jusqu’où ira-t-on ?

By - 26 May 2017

L’intelligence artificielle (IA), ou la capacité d’un ordinateur à reproduire le comportement humain, fait parler d’elle. Il y a quelques semaines, c’est le duel à couteaux tirés entre le logiciel Alphago et le champion du monde de Go qui a entraîné une forte médiatisation de cette technologie, plus réservée aux films de séries B. Rapide regard sur cette révolution en marche.

Qu’est-ce que l’intelligence artificielle ?

Le concept d’intelligence artificielle a été porté par des chercheurs dans la seconde moitié du 20e siècle (McCarthy et Minsky). Ils définissent le concept comme « la construction de programmes informatiques qui s’adonnent à des tâches qui sont, pour l’instant, accomplies de façon plus satisfaisante par des êtres humains car elles demandent des processus mentaux de haut niveau tels que : l’apprentissage perceptuel, l’organisation de la mémoire et le raisonnement critique ».

Des évolutions importantes ces dernières années

Depuis ces premières publications réalisées au milieu de XXe siècle, les technologies d’IA ont connu des évolutions importantes, notamment sur la capacité des logiciels à apprendre de leurs erreurs (via les fameux réseaux de neurones – Machine Learning) ou encore de générer des pensées proches de celles que génère une conscience réelle.

Paradoxalement, ces dernières évolutions de l’intelligence artificielle ne reposent pas sur des principes d’une complexité absolue mais sur un aspect beaucoup plus pragmatique : la capacité de calcul des ordinateurs.

En effet, pour avoir la capacité de reproduire le comportement humain, il fallait que les machines aient une capacité de traitement très importante difficilement atteignable jusqu’à récemment. Cependant, à voir l’évolution des technologies dans le domaine, on peut se dire qu’on s’en rapproche à grande vitesse !

4 dates clés pour comprendre l’évolution de la capacité de calcul :

1602 : La balance de Roberval produit seulement 1 bit par seconde (comparaison de deux poids)

Fin du XXe siècle, en particulier dans les années 70 : les premiers processeurs informatiques peuvent gérer plus d’un million d’opérations par seconde sur 32 bits

1992 : Lancement des premiers super-ordinateurs avec notamment le célèbre Intel Paragon XP/S, doté de près de 4000 processeurs pouvant gérer plus de 160 milliards d’opérations par seconde…

2014 : Le monde des super-calculateurs a lui aussi son Top 500, très largement dominé par des machines chinoises. En effet, le dernier leader en date est le calculateur Tianhe-2, élaboré par National University of Defense Technology et permettant plus de 33,86 millions de milliards d’opérations par seconde.

Au-delà de la théorie et des chiffres, des applications multiples

Les enjeux de ces développements peuvent entraîner des transformations profondes dans de nombreux secteurs. Certaines industries ont d’ailleurs déjà montré un intérêt fort pour exploiter ces technologies d’IA. Avec des applications potentielles extrêmement larges, il est difficile d’être exhaustif… Néanmoins voici quelques exemples où l’intelligence artificielle est déjà plus ou moins déployée :

– Le marché du crédit bancaire utilisant des algorithmes toujours plus complexes pour évaluer le niveau de risque d’un crédit, sans forcément faire appel à une intelligence humaines. Le principe : définir, faire évoluer et appliquer des règles de calcul intégrant un très grand nombre de paramètres, historiques et actuels, financiers et extrafinanciers.

– Le marché de l’Asset Management dans lequel les robot advisors font une apparition remarquée pour accompagner les particuliers ou les gérants dans la gestion d’un portefeuille d’actifs. Notons par exemple le projet Bridgewater dont l’ambition est de pouvoir gérer de manière complètement autonome un fond d’actions cotées.

– Le marché de l’armement avec notamment les drones autonomes, dont les processeurs pourraient faire évoluer un plan de mission défini par l’homme en prenant en compte des variables environnementales complexes.

– Le marché de l’automobile et de l’aéronautique qui utilisent déjà des algorithmes d’IA pour la conduite autonomes des véhicules.

Des acteurs déjà bien présents

A l’évidence, ce marché naissant et disposant d’un champ des possibles très large intéresse déjà de nombreux acteurs. Parmi les plus présents, nous retrouvons Google, très médiatisé ces derniers jours pour avoir développé le logiciel Alphago mentionné en introduction. Le géant américain est également à l’initiative de la Google Car, le véhicule sans chauffeur, déjà autorisé et utilisé en Californie.

Dans un contexte différent, citons Watson, le robot développé par IBM : un projet d’une ampleur colossale avec plus de 2000 ingénieurs impliqués et un milliard de dollars de budget. Des premières applications sont en cours d’expérimentation avec la banque Citigroup pour la gestion de données financières ou avec des Big Pharma pour assister le diagnostic médical.

Avec des enjeux aussi forts et des évolutions technologiques rapides, l’intelligence artificielle semble vouée à prendre une place toujours plus importante dans notre quotidien, entraînant dans son sillage toute une série de questions éthiques et politiques.

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