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Comment startups et chercheurs collaborent pour favoriser l’innovation ?

By Katerina Mansour - 27 août 2021

De nombreuses données et recherches portent sur la manière dont les startups et les entreprises collaborent. Les programmes d’accélération ou d’incubation, les investisseurs, les fonds de capital-risque sont tous fréquemment cités comme des partenaires et des parties prenantes clés pour aider les startups à se développer. Mais qu’en est-il des instituts et des universités de recherche ?

Dans de nombreux secteurs, comme la santé, il est courant que les startups s’associent à des centres de recherche et des universités. Ce type de collaboration présente plusieurs avantages clés pour les deux parties. Quels sont-ils et comment faire en sorte que ces collaborations soient fructueuses ?

Une union gagnante-gagnante pour les startups et les chercheurs

Une ambition partagée : l’innovation

Les startups comme les chercheurs ont généralement pour objectif de faire avancer l’innovation et de réaliser de nouvelles découvertes. Cependant, la recherche n’est pas un chemin sans embuches. Des écueils et des défis surgissent en cours de route et ralentissent les progrès. Alors que la plupart des universités et des organismes de recherche travaillent déjà avec des leaders industriels et des entreprises, les startups offrent un avantage différent. Elles possèdent une meilleure maîtrise de l’innovation, qu’elles apportent aussi dans le cadre de collaborations avec des entreprises.

Parmi les nombreuses raisons de travailler avec des startups, figurent :

– l’accès aux dernières technologies du marché,

– l’efficacité dans le développement des produits,

– des cycles de R&D plus rapides,

– et leur capacité d’adaptation.

Tous ces facteurs contribuent à faire des startups des pionnières de l’innovation. Ainsi, elles peuvent mutualiser leur expertise avec des chercheurs pour contribuer à créer une innovation de pointe et obtenir des résultats plus rapidement.

Des réseaux partagés pour une meilleure visibilité

Les startups et les chercheurs ont la possibilité de tirer profit de leurs réseaux respectifs. Chaque partie aura probablement accès à des investisseurs, à des entreprises, à des experts techniques ou commerciaux et à d’autres contacts qui pourraient s’avérer des ressources précieuses. Cet intérêt est au cœur de la plupart des partenariats.

Avoir un bon réseau se révèle être un élément fondamental de la trajectoire d’un projet. Les contacts professionnels constituent un élément clé du lancement et de la gestion de startups à succès. Il s’agit d’ailleurs d’un des critères pris en compte par Early Metrics pour évaluer une startup. La collaboration entre les startups et les chercheurs peut être un moyen de développer de nouveaux contacts susceptibles de contribuer aux aspects techniques, stratégiques ou financiers d’un projet.

Renforcer son image de marque et sa crédibilité

Le gain de crédibilité constitue l’un des avantages les plus évidents pour une startup qui collabore avec un organisme de recherche ou une université. À son lancement, une startup part le plus souvent de zéro. À moins que l’équipe de la startup ne compte des experts de haut niveau ou qu’il s’agisse d’une spin-off d’une autre entreprise ou université, le projet peut manquer de crédibilité à ses débuts.

Il doit construire cette crédibilité en obtenant des résultats dans le temps : trouver des investisseurs très réputés, enregistrer des performances impressionnantes dans des projets pilotes ou des tests, signer des contrats avec des clients prestigieux, etc. Ce processus peut être facilité par le développement de partenariats avec des acteurs clés tels que les chercheurs.

En effet, lorsqu’une startup s’associe à une entité de recherche ou une université réputée, ce partenariat contribue à rassurer les clients ou investisseurs potentiels. Il démontre que le projet est suffisamment valable et digne de confiance pour que des chercheurs réputés s’y impliquent. D’autre part, il permet aux chercheurs de montrer qu’ils savent rester à la pointe de l’innovation et qu’ils s’ouvrent à des entreprises prometteuses, aux idées nouvelles.

Un meilleur accès aux données et aux ressources

Les startups représentent une source précieuse de données pour les chercheurs de tous les secteurs. À titre d’exemple, une startup du secteur de la santé pourrait rendre anonymes les données relatives à la santé des consommateurs pour aider les laboratoires pharmaceutiques dans le cadre d’un essai clinique. Ou encore, une startup dans le domaine de la vente au détail pourrait fournir à une marque des données sur les habitudes d’achat des consommateurs pour l’aider à développer un nouveau produit. De ce fait, il est fréquent de rencontrer des startups qui vendent des données à des tiers dans le cadre de leur modèle économique.

Réciproquement, les startups peuvent bénéficier de l’accès des chercheurs à certaines ressources. Ainsi, de nombreuses universités donnent aux jeunes entreprises l’accès à leurs laboratoires afin qu’elles puissent créer des prototypes de produits et effectuer des tests.

Des avantages sociaux et financiers

Les partenariats permettent d’accéder aux talents de manière rentable. Les entrepreneurs bénéficient d’un accès à une expertise qui s’avère moins coûteuse que l’embauche de consultants. En outre, les chercheurs ou les étudiants peuvent trouver de nouvelles opportunités de carrière grâce aux startups avec lesquelles ils collaborent. Les universités bénéficient ainsi d’un avantage significatif, car les possibilités d’emploi sont un facteur clé pour les étudiants potentiels lorsqu’ils choisissent une école. Des collaborations constantes avec des startups pourraient permettre d’offrir des opportunités plus prometteuses aux étudiants.

De surcroît, les deux parties peuvent mettre en commun leurs ressources financières. Pour certains sujets, de nombreuses subventions sont disponibles pour les chercheurs universitaires, tandis que pour d’autres, il sera plus facile d’obtenir des fonds de capital-risque par l’intermédiaire d’une startup. Dans le cadre d’un partenariat, les deux parties peuvent mettre en commun leurs financements respectifs pour faire avancer un projet. Par exemple, si les subventions universitaires ou publiques venaient à manquer pour un sujet de recherche, la collaboration avec une startup qui pourrait lever des fonds permettrait de contourner le problème. 

startups et chercheurs travaillant ensemble dans un laboratoire

Des collaborations réussies entre startups et chercheurs

Il existe de nombreux exemples de collaborations entre startups et instituts de recherche ou universités. En voici quelques-uns qui illustrent la popularité croissante et l’utilité de ces types de partenariats :

  • En janvier 2020, l’Oregon Health & Science University a lancé une étude de deux ans pour trouver des liens entre le déclin cognitif précoce et le comportement financier. Une startup américaine, Eversafe, participe à l’étude en fournissant des données issues de sa solution basée sur l’IA. Le logiciel de la startup permet de détecter en temps réel les anomalies dans le comportement financier.
  • Semaxone s’associe à plusieurs entités universitaires pour développer sa solution logicielle de cognition augmentée : IMT Mines d’Ales, Laboratoire Informatique d’Avignon (laboratoire d’informatique) et EuroMov.
  • Braingaze, startup notée par Early Metrics, développe des solutions de détection et des traitements numériques pour les troubles cognitifs. La startup collabore avec plusieurs entités académiques, telles que : King’s College London, l’Université de Syracuse et l’Université de Nottingham.
  • Kiplin, qui s’est également prêtée au processus de notation d’Early Metrics, propose des programmes de prévention de la santé via une application mobile. La startup dispose d’un conseil scientifique (qui comprend des chercheurs) pour l’aider dans le développement de sa solution. Elle collabore également avec le CEA pour co-développer des algorithmes d’IA pour le diagnostic des patients avant traitement ou les démarches de prévention de la santé. 
  • Early Metrics a un partenariat de R&D avec Audencia. Dans le cadre de ce partenariat, nous contribuons à l’étude de la Chaire Finance pour l’Innovation sur les facteurs de valorisation des startups en partageant des données agrégées et anonymisées issues de notre base de données de plus de 3 500 startups notées.
  • La méthodologie d’Early Metrics est également définie en grande partie grâce à l’aide d’universitaires et de chercheurs. Avec l’aide de notre comité scientifique (qui comprend le CNAM et Audencia), nous effectuons régulièrement des backtesting statistiques pour valider la robustesse de notre méthodologie.

Éviter les pièges et les obstacles fréquents

Évaluer la véritable valeur ajoutée pour les deux parties

Comme c’est le cas pour tout partenariat, les deux parties doivent évaluer la valeur ajoutée potentielle d’une collaboration. Avant de lancer un partenariat entre une startup et un chercheur, il convient de répondre à certaines questions cruciales :

  • Quels outils et ressources chaque partie est-elle en mesure de fournir ?
  • Peuvent-elles assurer un financement supplémentaire pour le projet ?
  • Peuvent-elles fournir une expertise adéquate ?
  • Quels sont la finalité et les résultats attendus de la collaboration ?
  • Quels seront les coûts et les profits de la collaboration ?
  • Quels sont les obstacles auxquels chaque partie est confrontée, et comment l’autre partie peut-elle y remédier ?

Ce type de collaboration ne peut pas se limiter à l’accès à une main-d’œuvre ou à une expertise gratuite. Les deux parties doivent avoir un objectif commun et la volonté d’investir du temps et des ressources pour l’atteindre.

Définir une feuille de route claire

Le monde universitaire et le monde des affaires fonctionnent de manière très différente. Alors que les chercheurs ont l’habitude de travailler sur des projets à très long terme qui peuvent prendre des années, le monde des affaires entend obtenir des résultats rapides. Pour qu’une collaboration soit fructueuse, les deux parties doivent définir de manière réaliste la feuille de route de leur projet.

Cette feuille de route doit comprendre à la fois des étapes à court terme, qui pourraient apporter des gains rapides à la startup, et des objectifs à long terme ayant un impact plus important sur le monde universitaire. La définition d’objectifs clairs avec des échéances aidera les deux parties à rester facilement sur la bonne voie et à anticiper les retards éventuels. Cette étape est également essentielle pour planifier le financement attendu, afin de s’assurer que le projet ne manquera pas de fonds au fur et à mesure de son avancement.

La question de la propriété intellectuelle

La propriété intellectuelle est probablement l’un des plus grands enjeux lorsqu’il s’agit de partenariats entre entreprises et chercheurs. Qui détient la propriété intellectuelle ? Souvent, elle appartient à l’université, l’institut de recherche ou un chercheur en particulier. Cependant, il existe de nombreuses options que les deux parties peuvent déterminer avant de conclure un partenariat. Les chercheurs peuvent accorder une licence exclusive de la propriété intellectuelle à la startup. Ils peuvent également accepter de vendre cette propriété intellectuelle à un moment donné. De façon moins fréquente, ils peuvent choisir de concéder une licence de propriété intellectuelle à de nombreux autres acteurs du marché, si la concurrence n’est pas un facteur important pour les deux parties.

Accepter le risque

En définitive un partenariat présente inévitablement des risques, même si tous les écueils ont semblé être précautionneusement évités. Travailler avec une startup peut être considéré comme plus risqué que de travailler avec des entreprises, car les retombées financières sont moins garanties. Les startups présentent plus de risques en termes de faillites potentielles, leur situation financière étant moins solide que celle des sociétés bien établies. En fin de compte, les startups et chercheurs doivent déterminer si les risques l’emportent sur les récompenses potentielles. 

Traduit de l’anglais par Julie Durban

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