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L’ère du travail hybride : tendances et innovations de startups

By Katerina Mansour - 28 septembre 2021

Ce n’est un secret pour personne : la pandémie de covid-19 a considérablement transformé l’environnement de travail traditionnel. En 2019, seuls 5,4 % des salariés de l’UE-27 avaient régulièrement recours au télétravail. En 2020, des enquêtes menées dans le monde entier ont montré que ce chiffre a enregistré une très forte hausse. En effet, selon une enquête Eurofound de juillet 2020, 48 % des personnes interrogées travaillaient à distance au moins une partie de la semaine. Entre les confinements et les inquiétudes sur le virus, une grande partie de ceux qui avaient la possibilité de télétravailler le faisaient autant que possible. Cette combinaison de travail en présentiel et à distance a donné naissance au travail hybride.

Cependant, le télétravail ne modifie pas seulement l’endroit où se trouvent les employés d’une entreprise. Il a des répercussions sur une grande variété de sujets :

  • la qualité de la collaboration et de la communication entre les employés,
  • l’engagement des employés,
  • le bien-être des employés,
  • la cybersécurité.

Dans cet article, nous examinerons quatre sujets clés dans la gestion du travail hybride. Bien que la pandémie soit au centre de la conversation, le travail hybride continuera d’exister dans un avenir proche.

Engagement des employés

L’engagement des employés désigne l’attachement d’un employé à son entreprise en matière d’équipe, de vision et d’objectifs. Lors d’une pandémie mondiale, lorsque la plupart (ou la totalité) des collaborateurs travaillent à distance, maintenir leur engagement relève de la gageure.

Le début de la pandémie a été principalement caractérisé par une vague de licenciements. Chaque semaine, des licenciements au sein de grandes entreprises faisaient la une des journaux. Cependant, plus d’un an plus tard, nous constatons que les départs sont plus nombreux du fait de l’employé. La pandémie s’est révélée être un signal d’alarme pour de nombreux salariés dans le monde entier. Certains se sont découvert de nouvelles passions, d’autres ont réalisé qu’ils n’aimaient plus leur travail. Beaucoup étaient fondamentalement en désaccord avec la manière dont leur entreprise avait géré la crise. Les circonstances et les raisons d’un départ peuvent varier considérablement. Pourtant, une entreprise qui engage fortement ses employés peut éviter ou du moins retarder leur démission.

Face à la pandémie, il est devenu crucial de mettre en place des stratégies qui favorisent l’engagement. Les employés doivent se sentir soutenus par la direction pour garder le moral. Il est également essentiel de créer un environnement de télétravail positif et d’inspirer confiance dans la capacité des dirigeants à faire face à la crise.

Au-delà des bonnes pratiques de gestion, l’engagement des employés peut également être suivi et amélioré grâce à des formations et des sondages réguliers. Recueillir les avis des employés sur la stratégie et les activités de l’entreprise peut les aider à se sentir plus impliqués et entendus. Une étude a montré que les employés très engagés sont 2,3 fois plus susceptibles de dire que leur organisation prend leurs commentaires au sérieux que les employés activement désengagés.

Solutions de startup pour engager les employés

Le tableau de bord employeur de 2daysmood

Des startups comme Bleexo et 2daysmood (notée par Early Metrics) aident les entreprises à réaliser régulièrement des sondages anonymes auprès de leurs employés. Ces sondages peuvent servir à évaluer une variété de facteurs : humeur, engagement, satisfaction, etc. La connaissance est source de pouvoir : les informations recueillies peuvent aider les employeurs à évaluer le niveau actuel d’engagement des employés et à définir une stratégie pour l’améliorer.

Pour accroître l’engagement des collaborateurs, les employeurs peuvent également leur proposer des formations et du coaching. Ces ressources contribuent à responsabiliser les employés et à favoriser leur progression de carrière. Ainsi, les employés se sentent davantage valorisés et investis dans leur organisation.

Early Metrics a noté plusieurs startups, comme ChallengeMe, Skore et Skillbase, qui aident les entreprises à mieux partager les connaissances en interne et à former les équipes, avec du contenu interne et externe. De nombreuses startups, comme Strivr et Gleechi, visent également à rendre la formation plus amusante et immersive en s’appuyant sur la réalité virtuelle.

Bien-être des employés

Le bien-être des employés est étroitement lié à leur engagement, mais il s’agit de deux sujets bien distincts. Le bien-être fait référence à la santé mentale et physique d’une personne. Il peut avoir un impact positif ou négatif sur l’engagement d’un employé, mais il est également essentiel pour améliorer la satisfaction générale. En effet, il est devenu évident que les entreprises devraient faire davantage pour surmonter la stigmatisation de la santé mentale au travail. Cela les aiderait à améliorer le bien-être et la performance de leurs employés.

Selon une enquête de Gartner réalisée fin 2020, 29 % des employés se disait déprimés en raison de la pandémie. La même enquête a montré que 49 % des employés ayant indiqué que leur organisation disposait d’un programme de bien-être mental y avaient participé en 2020. En outre, si beaucoup ont déclaré que le télétravail était bénéfique pour leur bien-être mental, il a eu des répercussions sur leur santé physique. Une enquête menée auprès de travailleurs britanniques a montré que les télétravailleurs font moins de sport (46 %), développent des problèmes musculo-squelettiques (39 %) et ont des troubles du sommeil (37 %). En définitive, lorsque vous souffrez de difficultés mentales ou physiques, il est plus difficile d’être pleinement productif et engagé dans une entreprise.

Au-delà de l’amélioration de l’engagement, la réduction de l’absentéisme est une motivation supplémentaire pour investir dans le bien-être des employés. Un personnel en meilleure santé signifie moins d’arrêts maladie. À en voir le nombre d’arrêts maladie pris en raison de problèmes de santé mentale ou physique, les employeurs ne devraient pas négliger ce facteur. En effet, selon le CIPD, l’absence liée à la santé mentale est la forme la plus courante d’absence pour maladie de longue durée au Royaume-Uni. Dans une enquête menée par le CIPD en 2020, 37 % des personnes interrogées ont déclaré que les absences liées au stress avaient augmenté au cours de l’année précédente.

Solutions de startups pour améliorer le bien-être des employés

L’application mobile de Tictrac

Depuis plusieurs années, de nombreuses startups créent des solutions au service du bien-être des employés. Cela a été permis par la prise de conscience croissante de l’importance du bien-être au travail. La pandémie a stimulé cette prise de conscience et fait augmenter le nombre d’utilisateurs.

Des startups comme Unmind, 7mind et Tictrac (toutes deux notées par Early Metrics) proposent des solutions pour aider les employés à surveiller et à améliorer leur bien-être : coaching de vie, suivi de l’humeur, séances de méditation, exercices physiques quotidiens, formations de santé mentale gamifiées…

D’autres startups s’attaquent aux répercussions physiques que peut avoir le télétravail. Noonee propose la « chairless chair », une chaise exosquelette portable destinée aux travailleurs qui se tiennent souvent debout pendant la journée. Betterback vend un corset dorsal léger que les travailleurs peuvent porter lorsqu’ils sont assis sur n’importe quelle chaise. Il stabilise le bassin pour assurer une bonne posture et fournit un soutien lombaire.

Collaboration en ligne

Survey responses of biggest struggles with working remotely
Rapport 2020 de Buffer sur le télétravail

Assurer une collaboration harmonieuse entre les différentes équipes et les collaborateurs peut s’avérer difficile lorsque tout doit être fait à distance. Le télétravail et la collaboration en ligne étant loin d’être une nouveauté, il existait déjà de nombreuses solutions sur le marché. La pandémie a sans doute démocratisé de nombreux outils préexistants et donné l’occasion aux nouveaux venus de tenter d’optimiser la collaboration à distance.

Des plateformes comme Zoom et Microsoft Teams ont vu leur nombre d’utilisateurs exploser. Selon les données de BCG, le temps total passé sur les outils de visioconférence a été multiplié par 3 à 5 pendant la pandémie dans les entreprises interrogées. En conséquence, Zoom a généré 2,6 milliards de dollars de revenus en 2020, soit une augmentation de 317 % par rapport à l’année précédente. Au-delà de la visioconférence, les outils de gestion de projet en ligne ont également gagné en popularité. Il est devenu nécessaire de gérer à distance les parties prenantes, les tâches, les échéances, les avancées et les retards pendant les périodes de confinement. En effet, l’adoption de plateformes de suivi de projet telles qu’Asana et Monday.com a explosé grâce à la pandémie. À tel point que Google a annoncé en septembre 2020 le lancement d’un nouvel outil, Tables, pour concurrencer ces acteurs technologiques prometteurs de la productivité.

Solutions de startups pour la collaboration en ligne

Même si vous disposez de bons outils de communication comme Slack ou Zoom, ceux-ci sont limités. Ils peuvent également finir par s’ajouter à la longue liste d’applications et d’outils dont les employés doivent assurer le suivi.

Des startups comme Unily, Nifty et Jamespot (notée par Early Metrics) aident à centraliser toutes les informations en un seul endroit et fournissent divers outils de communication et de gestion de projet. Ainsi, les employés peuvent facilement collaborer et gérer des projets au sein d’une même plateforme.

Cybersécurité

Survey responses illustrating the impact of Covid-19 on business security
Le rapport « Enduring from home » de Malwarebyte sur l’impact de la covid-19 sur la sécurité des entreprises

Pour finir, penchons-nous sur un sujet non négligeable : la cybersécurité. Les entreprises bénéficient d’un certain niveau de contrôle sur la cybersécurité au bureau. Toutefois, ce contrôle se heurte à des difficultés avec le travail hybride. Les employés utilisent leurs ordinateurs portables dans divers endroits, avec des connexions Wi-Fi qui ne sont pas forcément sécurisées. Ils peuvent également utiliser leurs ordinateurs professionnels pour un usage personnel plus souvent à la maison.

Selon une étude publiée par HP, 70 % des employés de bureau interrogés admettent utiliser leurs appareils professionnels pour des tâches personnelles. Elle a également montré que 71 % des employés accèdent à davantage de données de l’entreprise, plus fréquemment, depuis leur domicile qu’avant la pandémie. Cette combinaison semble particulièrement risquée si l’on considère que l’erreur humaine est la principale cause des failles de cybersécurité. Une enquête de Tessian a même montré que 47 % des employés victimes d’une arnaque par phishing en télétravail ont cité la « distraction » comme justification. Pourtant, une enquête de Malewarebytes a révélé que 44 % des entreprises interrogées ne dispensaient pas de formation de cybersécurité axée sur les menaces liées au télétravail.

Une formation adaptée sur la cybersécurité est indispensable pour gérer le travail hybride. Modifier la charte informatique de l’entreprise ou la renvoyer aux employés à titre de rappel peut également être une mesure utile. Toutefois, si la connaissance des risques de cybersécurité et des moyens de les éviter est vitale, les longues formations ennuyeuses ou les vidéos de formation en ligne ne sont pas toujours très utiles.

Solutions de startups pour renforcer la cybersécurité

Pour s’attaquer à ce problème, des startups comme Cybsafe aident les entreprises à mesurer la sensibilisation à la cybersécurité et à fournir une formation personnalisée. L’objectif de ce type de solutions est de sensibiliser, mais aussi de comprendre et de corriger le comportement en ligne d’un employé afin de prévenir les incidents. Tous les employés n’ont pas le même niveau de connaissances en matière de cybersécurité. Imposer à tous un programme standard de formation risque donc d’être inefficace.

En outre, si la sensibilisation est essentielle, la prévention l’est tout autant. Grâce à des exercices, des simulations, des enquêtes continues et des recommandations, de nombreuses startups aident les entreprises à réduire les risques et à comprendre ce que les employés pensent de certains problèmes spécifiques de cybersécurité. Les employeurs peuvent ainsi évaluer l’impact que ces facteurs peuvent avoir sur leur organisation et prendre des mesures en conséquence.

Au-delà de la formation et de l’utilisation de solutions classiques (antivirus, VPN, etc.), de nombreuses startups de cybersécurité proposent des logiciels qui peuvent s’avérer précieux pour le travail hybride. Cyberwatch (notée par Early Metrics) propose un logiciel complet pour détecter les vulnérabilités et surveiller la conformité des systèmes d’information au sein d’une entreprise. Confluera fournit une vaste solution de détection et de réponse. Cybereason développe des solutions de détection et de réponse aux points de terminaison, un enjeu crucial à l’heure du télétravail. En effet, 91 % des responsables informatiques interrogés estiment que la sécurité des points de terminaison est devenue aussi importante que la sécurité des réseaux.

Comme nous l’avons vu dans notre rapport sur l’avenir du travail, la pandémie a accéléré de nombreuses tendances déjà présentes avant la crise de covid-19, notamment l’émergence du travail hybride. En fin de compte, l’innovation et l’adaptabilité sont deux facteurs souvent cités comme essentiels pour qu’une entreprise survive à des périodes d’incertitude, telles que la crise de covid-19. L’innovation apportée par les startups permettra donc aux entreprises d’adapter leurs méthodes de travail et de favoriser la réussite du travail hybride.

Traduit de l’anglais par Margaux Cervatius

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