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Les technologies qui façonnent l’avenir des courses alimentaires

By Margaux Cervatius - 26 mai 2021

Pendant longtemps, le secteur alimentaire a semblé épargné par l’explosion du e-commerce. Beaucoup de consommateurs préféraient se rendre en magasin pour leurs courses alimentaires. Cependant, en 2020, la pandémie de covid-19 a bousculé nos habitudes, y compris dans le retail. Face aux restrictions de déplacements et à la crainte du virus, de nombreux consommateurs se sont tournés vers Internet pour leurs courses alimentaires. La crise sanitaire a également accéléré le changement des modes de consommation déjà amorcé. Les consommateurs privilégient désormais les produits alimentaires sains et respectueux de l’environnement.

Les sociétés technologiques peuvent aider les commerçants, petits et grands, à s’adapter à ces nouvelles tendances.

Faire ses courses alimentaires en ligne

Le e-commerce a largement profité de la crise de covid-19 et les courses alimentaires en ligne ont enregistré une forte croissance pendant le premier confinement. En 2020, elles ont dépassé certaines semaines les 10 % de parts de marché sur la grande consommation, contre 5,7 % en 2019. Cette forte croissance suscite l’intérêt des investisseurs. Ainsi, les startups du secteur des courses alimentaires en ligne ont levé 5,1 milliards de dollars au total en 2020 (AgFunder).

Amazon, via son supermarché en ligne Amazon Fresh, a renforcé sa position de leader du commerce en ligne. Toutefois, de nouvelles offres commencent à émerger. Des supermarchés bios en ligne comme La Fourche et Aurore Market proposent la livraison à domicile de produits biologiques à bas prix. D’autres startups se concentrent sur des niches de marché. Par exemple, MammaPack cible les expatriés italiens qui ont du mal à retrouver leurs produits préférés dans les supermarchés étrangers. La startup propose plus de 900 produits italiens livrés dans 21 pays.

En parallèle de ces offres 100 % en ligne, les petits commerçants commencent à se digitaliser. La vente en ligne peut leur apporter des revenus supplémentaires pendant les périodes de crise. Comme la plupart des commerçants ne possèdent pas les compétences techniques requises, des startups les accompagnent dans leur digitalisation. Rapidle propose aux petits commerçants un service clé en main pour mettre en place une boutique en ligne. En quelques jours, les commerçants peuvent déployer facilement un service de click and collect ou de livraison.

Et après la pandémie ?

Toutefois, le doute persiste sur la capacité de ces tendances à s’ancrer de façon pérenne. En effet, selon une étude réalisée par McKinsey en 2020, seuls 13 à 16 % des consommateurs ayant réalisé leurs courses alimentaires en ligne en Italie, en France et en Allemagne étaient très satisfaits du service. De plus, même les clients satisfaits ont indiqué qu’ils voyaient les courses en ligne comme une mesure temporaire. Beaucoup d’entre eux retourneront vraisemblablement dans les magasins physiques dès que la situation le permettra.

Cela étant dit, les ventes en ligne restent supérieures à ce qu’elles étaient avant la pandémie. Certains consommateurs continueront à utiliser ce service, au moins pour une partie de leurs courses alimentaires.

L’émergence des dark stores

Face à cet essor des courses à distance, la grande distribution a adapté sa stratégie commerciale. Dans la lignée des drives qui existent depuis plusieurs années, certaines chaînes de supermarchés ont mis en place des dark stores. Ces installations ont l’apparence d’un magasin physique mais sont uniquement destinées à la préparation des commandes. Les clients sont remplacés par des opérateurs. Après réception des commandes, les instructions sont envoyées aux opérateurs, qui parcourent le supermarché munis d’une tablette et d’un chariot. Un logiciel peut être intégré pour générer automatiquement des itinéraires optimisés.

Certains acteurs poussent l’optimisation encore plus loin en automatisant une partie des processus. Tesco, le premier acteur du marché alimentaire britannique, a ainsi décidé d’utiliser des robots dans ses installations. Les produits sont stockés dans des tours de caisses bleues. Un robot vient récupérer la caisse nécessaire et l’apporte au préparateur de commandes, qui n’a plus besoin de se déplacer.

Ce segment connaît une forte croissance ces derniers mois. En mars 2021, Gorillas, une chaîne allemande de dark stores, a annoncé une levée de 290 millions de dollars. La startup est déjà présente dans une dizaine de grandes villes européennes, dont Berlin, Amsterdam et Londres. De son côté, la startup britannique Dija, créée en novembre 2020, s’étend déjà à la France et à l’Espagne. Sa promesse : livrer des produits alimentaires en dix minutes.

Une solution gagnant-gagnant

Ces dark stores aident les commerçants à faire face à l’explosion du e-commerce, mais également à résoudre le problème de la livraison du dernier kilomètre. Ces mini-centres logistiques sont implantés dans les villes, à proximité des clients. Les entreprises peuvent proposer des livraisons rapides et écologiques (à pied ou à vélo) ou encore un service de drive piéton. Pour les clients, ce service représente un véritable gain de temps. Ils récupèrent rapidement des commandes déjà traitées et payées.

Les nouvelles technologies au service d’une alimentation plus saine et verte

La crise a modifié nos modes d’achat, mais également nos types d’achat. En effet, plus que jamais, les consommateurs ont conscience de l’importance de préserver sa santé et l’environnement.

Le confinement et le télétravail ont permis de consacrer plus de temps à la cuisine. Les plats préparés ont été délaissés au profit du fait maison. Pour aider les débutants en cuisine ou les personnes en manque d’inspiration, des startups proposent des repas en kit. Le consommateur reçoit chez lui tous les ingrédients nécessaires pour réaliser une délicieuse recette. En plus du gain de temps, ce service limite le gaspillage alimentaire puisque les ingrédients sont pré-dosés. Rutabago ne propose que des ingrédients certifiés 100 % biologiques et de saison. La startup s’approvisionne en circuit court et majoritairement auprès de producteurs français.

Les consommateurs demandent également une nourriture plus saine et écologique sur leur lieu de travail. i-LUNCH, une startup notée par Early Metrics, propose un service de cantine digitale zéro déchet à destination des entreprises. Pendant le confinement, la startup a étendu son service aux télétravailleurs. Grâce à Télé Restau, une entreprise peut subventionner un service de livraison de repas à domicile.

Acheter de meilleurs produits pour sa santé et l’environnement

D’autres startups aident les consommateurs à faire les meilleurs choix pour leur santé et l’environnement lors de leurs courses alimentaires. La startup ScanUp, notée par Early Metrics, développe une application pour mieux comprendre ce qu’il y a dans les produits. En scannant le code-barres d’un produit avec l’application, le consommateur découvre son profil nutritionnel. ScanUp a également lancé l’Eco-Score, qui indique l’empreinte environnementale d’un produit alimentaire tout au long de son cycle de vie. Yuka est une autre application connue pour analyser la composition des produits alimentaires et cosmétiques.

L’application de ScanUp présente l’apport nutritionnel et le degré de transformation des aliments

Malgré ces applications déployées en magasin, les consommateurs ont tendance à délaisser les grandes surfaces au profit des circuits courts. Ils souhaitent réduire l’empreinte carbone de leurs courses alimentaires et soutenir les agriculteurs proches de chez eux. Les startups jouent alors le rôle d’intermédiaire unique entre les producteurs et les consommateurs. Les agriculteurs peuvent référencer leurs produits au prix juste et toucher une marge supérieure à la grande distribution. La plateforme de Péligourmet permet de faire ses courses en ligne en direct des producteurs régionaux. Les producteurs mutualisent leurs trajets pour déposer leurs produits dans l’entrepôt de la startup, qui prépare ensuite les commandes.

En l’espace de quelques semaines, la pandémie de covid-19 a bouleversé nos habitudes d’achat. Les consommateurs se sont tournés en masse vers le commerce en ligne, mais cette croissance semble ralentir. En revanche, la demande d’une alimentation plus saine et verte n’a été que renforcée par la crise. Les acteurs de l’alimentaire doivent tirer les enseignements de cette crise. En période d’incertitude, l’adaptabilité est essentielle. Les startups peuvent les aider à mieux répondre aux nouvelles demandes des consommateurs et à rendre leur supply chain résiliente et plus efficace.

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