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L’identité numérique : les facteurs clés de l’adoption de nouvelles technologies

By Anais Descleves - 21 février 2022

Depuis que la crise sanitaire a éclaté, la numérisation s’est imposée comme recours inévitable. Elle nous a permis de continuer nos activités et de rester en contact les uns avec les autres. Un nombre croissant de personnes ont dû créer leur identité numérique afin de naviguer dans cet océan numérique. Les gouvernements, les entreprises, ou les particuliers cherchent tous à obtenir des systèmes de vérification d’identité fiables pour délivrer un service efficace et assurer la protection de leurs données personnelles.

Le chiffre d’affaires mondial du marché de l’identité numérique pourrait atteindre 49,5 milliards de dollars en 2026, presque le double de celui de 2020 (Statista). Les startups tentent de répondre à cette demande en apportant des solutions pour créer, utiliser et gérer l’identité numérique plus facilement et de façon sécurisée.

La volonté d’une expérience utilisateur plus sûre et plus fluide

L’année 2021 a montré que tout le monde (ou presque) est équipé d’un téléphone portable. Plus de la moitié du trafic internet mondial passe par un smartphone. En parallèle, les utilisateurs ont de plus en plus besoin de prouver leur identité pour participer à des activités culturelles, économiques, politiques et sociales. De plus en plus d’institutions financières, de gouvernements, d’agences de voyage et de professionnels de santé ont adopté de nouvelles solutions d’identité numérique. Par conséquent, les utilisateurs cherchent les options les plus sûres et les plus faciles pour effectuer ces controles d’identité et profiter de la meilleure expérience utilisateur possible.

Les principaux cas d’utilisation liés à l’identité numérique proviennent majoritairement du secteur bancaire. L’identité numérique facilite les transactions bancaires et la vérification notre compte bancaire. L’utilisation de documents papier et les rencontres en face à face ne sont plus indispensables. Les banques sont habilitées à fournir des services d’identité numériques grâce à leurs investissements dans la technologie sécurisée d’authentification et les processus de connaissance client (KYC). Cependant, les banques doivent améliorer leurs offres numériques sans compromettre la sécurité des données de leurs utilisateurs. D’après Statista, la fraude liée aux applications bancaires mobiles a augmenté de 41 %, entrainant des pertes estimées à 21,6 millions de dollars. Les institutions financières sont donc incontestablement concernées.

Mobile banking fraud losses between 2016 and 2020, importance of digital identity

Source: Statista

Au-delà des applications bancaires, les technologies d’identité numérique sont incontournables pour les institutions gouvernementales. La crise sanitaire a accéléré la numérisation des services gouvernementaux et, en conséquence, les citoyens ont dû s’adapter à cette nouvelle technologie. Les institutions gouvernementales ont mis le pied à l’étrier pour engranger la dématérialisation des services publics et permettre la livraison de services de haute-qualité, rapides et sans-contact. En effet, la Govtech est très axée « opérationnelle » et cherche à améliorer l’efficacité interne au sein des services de l’État. Prenons l’exemple de l’application gouvernementale française TousAntiCovid. Elle participe à limiter la propagation du virus en détectant les cas contacts grâce au Bluetooth ou au scan d’un QR code. Plus important encore, elle stocke les certificats de vaccination et les résultats de tests Covid, comme le ferait un portefeuille numérique.

Le développement de nouvelles technologies pour les vérifications d’identité

Depuis peu, nous avons observé l’essor de nouvelles solutions combinant la blockchain et la biométrique pour faciliter l’identification numérique.

Dans un monde qui évolue vers une approche portable, les applications de la technologie biométrique se multiplient. Elles sont une façon simple et fiable d’identifier et d’authentifier des individus. Les systèmes biométriques peuvent prendre en compte des caractéristiques physiologiques, comme les traits du visage, l’empreinte digitale, les motifs de veines, l’iris ou l’ADN. Ils peuvent également prendre en compte des caractéristiques comportementales comme la signature, l’écriture ou la voix d’une personne. La base de données d’Early Metrics, forte de plus de 4 000 startups notées, reflète cette large variété de données biométriques, avec, par exemple, FinGo, qui utilise la reconnaissance veineuse, et PayByFace qui mise sur la reconnaissance faciale pour effectuer un paiement.

En somme, les trois données biométriques les plus utilisées sont :

  • La reconnaissance faciale
  • La reconnaissance vocale
  • L’empreinte digitale

La blockchain est un système de certification décentralisé qui est de plus en plus considéré pour déployer des systèmes d’identité numérique sécurisés. En effet, elle chiffre la donnée dans différents blocs de la chaîne. Il est très difficile de pirater l’information qui est stockée dans le bloc. La blockchain peut également permettre aux utilisateurs d’avoir un meilleur contrôle sur leur propre identité numérique. Les organisations ne pourraient d’ailleurs utiliser les informations d’un utilisateur qu’avec son consentement. Cette technologie pourrait contribuer à construire une identité souveraine. Les utilisateurs pourraient décider quand, comment, et avec qui partager cette information.

De nouvelles solutions sont nécessaires pour gérer l’identité numérique de façon sécurisée

Les utilisateurs avaient pour habitude de considérer l’espace numérique comme un domaine à ciel ouvert, symbole de liberté. Pourtant, c’est un domaine rempli de malversations comme la fraude aux paiements ou l’usurpation d’identité. Protéger l’identité numérique est la clé de voute de la relation de confiance au sein monde numérique toujours plus connecté.

Entre-temps, de nombreuses entreprises font des données personnelles leur fonds de commerce, que ce soit à travers à monétisation des données ou la publicité. L’essor du Big Data et de l’internet des objets (IoT) a entrainé une montée en popularité de la monétisation de données. Le volume de données généré par les utilisateurs quotidiens est astronomique, en partie à cause des capteurs et des applications web. Il n’a pas fallu longtemps avant que les entreprises ne comprennent que ces données pourraient être une vraie mine d’or pour le marché de l’analyse de données. Alors que la monétisation de données se révèle être bénéfique pour les entreprises, elle s’accompagne de son lot de défis.

La vente et l’échange de données sont soumis à un cadre règlementaire très strict. C’est le cas notamment pour le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) de l’Union Européenne. Ce règlement présente les procédures que les institutions doivent suivre pour assurer la protection des données. Le RGPD prévoit que les données de vos utilisateurs doivent être protégées. Le règlement sur l’identification électronique et les services de confiance pour les transactions électroniques (elDAS) prévoit les besoins techniques pour ce faire. Le règlement elDAS rend obligatoire l’interopérabilité de l’identité numérique pour les échanges numériques depuis le 29 septembre 2018.

Alors que la solution parfaite n’existe pas encore, des startups se sont multipliées pour proposer différentes offres qui pourraient répondre au besoin actuel. Par exemple, Serendptech (notée par Early Metrics) propose une solution d’identification mobile qui repose sur des documents d’identité. Elle développe un kit de développement logiciel (SDK) et des algorithmes de machine learning.

Le Metaverse et le Web 3.0 pousseront encore plus vers l’adoption de l’identité numérique

Le besoin d’une identité numérique sécurisée et fiable s’est accentué avec l’émergence du metaverse et du Web 3.0, la prochaine itération d’Internet. Mark Zuckerberg définit le metaverse comme « l’incarnation d’Internet dans lequel vous interagissez plus que vous ne regardez ». Alors que le Web 3.0 inclut des technologies plus décentralisées comme les blockchains, le metaverse, lui, permet à ses utilisateurs de passer du monde réel à un monde en virtuel totalement immersif.

La frontière entre le monde réel et le monde virtuel deviendra de plus en plus floue d’après les experts de la tech. Ces nouvelles tendances soulèvent plusieurs questions à propos de l’identité numérique. Comment peut-on prouver l’identité « réelle » d’un utilisateur qui se cache derrière plusieurs avatars ? Comment peut-on savoir si quelque chose est « autorisé » ou « authentique » ? De nouvelles technologies comme l’identité souveraine, la preuve à divulgation nulle de connaissance, et les NFT pourraient répondre à ces questions.

Par conséquent, les technologies liées à l’identité numérique deviendront essentielles dans notre espace numérique afin de reconnaitre les individus et les entreprises avec lesquels nous interagissons. Cependant, redéfinir le concept de l’identité numérique dans l’environnement du metaverse est crucial puisque ce dernier fait partie intégrante de son fonctionnement.

L’identité numérique sera l’un des outils clés pour fournir une « sphère de sécurité » pour opérer dans cet environnement volatile et incertain. La collaboration entre les institutions financières et gouvernementales, les grands groupes et les startupssera également un facteur de succès important pour cet écosystème en pleine expansion. Early Metrics participe à la mise en place de collaborations durables profitant à tous les membres de l’écosystème de l’innovation grâce à ses précieuses connaissances. N’hésitez pas à contacter nos experts si vous souhaitez évoquer ces nouvelles opportunités avec nous !

Traduit de l’anglais par Robin Vettier

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