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Startup, scale-up, société technologique : quelles différences ?

By Julie Durban - 14 avril 2021

Est-ce que toutes les startups deviennent des scale-ups, et inversement est-ce que toutes les scale-ups ont été des startups ? Une société technologique est-elle nécessairement une startup ou une scale-up ? Le lexique de l’innovation et des sociétés qui l’incarnent est parfois complexe et un abus de langage est vite arrivé. Voici quelques définitions pour y voir plus clair.

Comment reconnaître une startup ?

Le monde des startups connaît son lot d’idées reçues. L’image d’une entreprise de jeunes travailleurs adeptes de babyfoot, de jeans et de baskets blanches lui colle à la peau. Ces stéréotypes naissent toujours d’une certaine réalité. En effet, il existe une « culture startup » et un environnement propre à ces entreprises en pleine croissance. Pourtant une entreprise qui vient de se créer n’est pas nécessairement une startup.

L’appellation startup est réservée aux entreprises innovantes ou marquées par leur utilisation des nouvelles technologies. De plus, à la différence d’une PME, une startup doit inventer ses propres processus et définir son business model, elle ne part pas de ce qui existe déjà ou se fait ailleurs. Là est tout l’enjeu d’une startup : trouver son modèle économique propre, réussir à le stabiliser et croître rapidement, en dépit d’une rentabilité à court terme.

Eric Ries, l’auteur du best-seller Lean Startup, définit la startup ainsi :

« une structure conçue pour créer un nouveau produit ou service dans des conditions d’incertitude extrême. »

Le plus souvent, une startup cherche à se positionner sur un segment de marché peu exploité. Il lui faut donc atteindre le bon équilibre entre cibles de niche et capacité de déploiement de son offre à grande échelle. Enfin, la startup est un statut temporaire. Les jeunes sociétés innovantes ne sont pas vouées à rester startups éternellement. C’est le statut de scale-up qui se profile après un certain stade de maturité. Pourtant, il n’y a pas d’âge fixe pour cesser d’être une startup.

S’il n’est question que de phase de maturité, quel est l’élément qui fait passer une startup au statut de scale-up ?

Scale-up, grande sœur de la startup

Scale-up signifie littéralement « changer d’échelle », ce qui constitue un premier indice sur la définition du terme. Effectivement, pour faire simple, une scale-up est une startup qui a grandi, qui a changé d’échelle. Pour passer à ce stade supérieur, encore faut-il que la startup ait réussi l’exercice de stabiliser son business model et d’industrialiser son offre. Elle s’est donc rendue viable.

Pour répondre au nom de scale-up, il faut par ailleurs remplir certains critères chiffrés devenus la norme. Le premier d’entre eux concerne la croissance annuelle. Une scale-up doit enregistrer une croissance d’équipe de plus de 20% par an, avec au moins 10 salariés en contrat fixe. En termes de chiffre d’affaires, on attend d’une scale-up qu’elle génère entre 1 et 3 millions de dollars. Elle doit également avoir déjà levé au moins 1 million de dollars. Elle n’est donc plus en phase de démarrage ou en situation d’extrême incertitude comme le décrivait Eric Ries.

En d’autres termes, la scale-up n’est autre qu’une startup qui réussit. Puisqu’elle ne va pas rester indéfiniment startup, ses choix sont limités :

  • Faire faillite
  • Être rachetée et appartenir à un grand groupe ou une scale-up
  • Devenir une scale-up

La scale-up maintient son développement et cherche à étendre son marché, notamment en nourrissant de fortes ambitions internationales. Shift Technology est un des exemples de startup française notée par Early Metrics (top 2%) devenue scale-up. Elle est d’ailleurs déjà présente en Amérique du Nord et en Asie du Sud-Est.

Le cas de la licorne

Comme son nom l’indique, la licorne est un animal rare, voire légendaire. En économie, le terme désigne les sociétés non cotées en bourse valorisées à plus d’un milliard de dollars. Le terme a été popularisé par Aileen Lee en 2013. La spécialiste en capital-risque cherchait une façon de qualifier ces 0,1% de sociétés dont la valorisation dépassait la barre du milliard de dollars et dans lesquelles les fonds de venture capital investissent. Ces sociétés sont également caractérisées par leur modèle qui préfère à la rentabilité une croissance rapide financée par des levées de fonds.

Il est impossible de passer à côté de ces licornes aujourd’hui. Leurs noms sont désormais familiers et leur usage popularisé : Netflix, Blablacar, Dataiku (notée par Early Metrics), Deezer, etc.

Licornes les plus valorisées dans le monde

Pour résumer, une licorne a nécessairement été une scale-up, qui elle-même a connu le statut de startup. Pourtant, il reste difficile de se détacher de l’appellation startup, mot encore chargé de son dynamisme économique et de son esprit entrepreneurial.

Esprit startup et esprit tech

Malgré leur croissance, on a encore tendance à considérer Twitter, Airbnb ou encore Blablacar comme des startups. Que persiste-t-il de l’imaginaire de la startup dans leur fonctionnement ? Ces sociétés n’ont de startup plus que l’esprit, puisqu’elles emploient bien plus de 10 employés et ont largement éprouvé leur business model.

Néanmoins, elles maintiennent leur croissance quitte à générer autant de revenus que de pertes. Elles créent de l’emploi et entretiennent leur image de pionnières. Ce qui leur reste, c’est aussi leur appétence pour les nouvelles technologies. Elles sont, pour certaines, restées des sociétés technologiques.

Le fait de se réclamer « société technologique » n’est pas l’apanage des startups. Les grands groupes aussi mettent en avant leurs caractéristiques tech ou high tech. Pourtant, même s’il n’existe pas de définition arrêtée, certains critères permettent de reconnaître une société technologique :

  • Un cœur de métier scientifique (applications, sciences exactes, etc.)
  • Un modèle industrialisable et scalable
  • Des revenus issus de la vente de sa technologie
  • Une technologie exclusive et protégée

Une société technologique est donc nécessairement une startup à sa création. Toutefois, l’inverse n’est pas toujours vrai, toutes les startups ne sont pas des entreprises technologiques (elles ne déposent pas de brevet ou ne développent pas leur propre technologie).

Maintenant que les termes startup, scale-up et société technologique n’ont plus de secret pour vous, saurez-vous dénicher la prochaine licorne ? Early Metrics vous accompagne en identifiant les startups qualifiées et les tendances technologiques pertinentes pour votre stratégie.

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