Un après-COVID plus propre et plus sûr grâce aux technologies de désinfection

By Katerina Mansour - 06 juin 2020

Traduit de l’anglais par Margaux Cervatius

Après des mois de confinement dans plusieurs pays à travers le monde, les gouvernements assouplissent progressivement les restrictions et relancent leur économie. Toutefois, nous sommes loin d’un retour à la normale et notre société doit créer une nouvelle normalité, dans laquelle nous nous efforçons de nous protéger les uns les autres. Cette nouvelle normalité tente de rendre les espaces partagés aussi propres et aseptisés que possible, et donc plus sûrs.

Des startups proposent des solutions innovantes pour répondre aux préoccupations de nombreux secteurs touchés par le risque de propager la COVID-19, comme le transport ou le retail. Elles bénéficient du soutien d’entités comme la Commission européenne, qui investit de grandes sommes (avec 122 millions d’euros supplémentaires en financement annoncés récemment) pour soutenir les efforts de recherche et d’innovation participant à la lutte contre le virus.

De nombreux pays ont fait appel aux entreprises dans ce combat, avec succès. En mars, 320 startups françaises avaient déjà répondu à l’appel du secrétaire d’État au numérique, Cédric O, pour proposer des solutions à la crise de la COVID-19. Quels sont donc les principaux domaines d’innovation qui peuvent aider à rendre les espaces publics sûrs ?

La robotique comme outil de désinfection

La désinfection avec des produits liquides est la technique la plus classique. Toutefois, elle est difficile à déployer à grande échelle puisqu’elle nécessite une intervention humaine pour appliquer le produit sur les surfaces. D’autres techniques font leur apparition, comme des systèmes de désinfection par voie aérienne où le désinfectant est répandu sous forme de gouttelettes qui viennent se déposer sur les surfaces. Il existe quatre méthodes – la pulvérisation, la nébulisation, la brumisation et la vaporisation – particulièrement utiles pour désinfecter des zones difficiles d’accès.

De nombreuses startups associent des systèmes de désinfection par voie aérienne à des robots afin de désinfecter les pièces vides, sans l’intervention d’un opérateur. La désinfection du métro MTR à Hong Kong en est un parfait exemple : un robot développé par Avalon pulvérise du peroxyde d’hydrogène dans les rames de métro ; il se déplace de façon autonome grâce à des capteurs et une caméra frontale et peut désinfecter huit rames de métro par heure. La jeune pousse française Oxy’Pharm, classée parmi le top 10 % des startups notées par Early Metrics, a quant à elle développé un robot qui pulvérise du désinfectant dans une pièce grâce à une turbine chauffante et ionisante qui transforme le liquide en gaz. L’entreprise propose une gamme de produits pour les hôpitaux et le secteur de l’alimentation. Comme elle, plusieurs startups développaient déjà ces systèmes avant la pandémie, notamment pour réduire les risques de contamination ou d’infection dans les sites de production et les hôpitaux. Ces sociétés peuvent aujourd’hui appliquer leurs solutions à de nouveaux cas d’usage : espaces publics, supermarchés, banques, transports en commun, etc.

L’utilisation des drones pour la désinfection gagne également en popularité. La ville de Cannes a récemment annoncé qu’elle utiliserait des drones pour désinfecter ses rues. Les drones peuvent désinfecter au moyen de liquides désinfectants mais aussi de rayons ultraviolets. En effet, les rayons ultraviolets peuvent désactiver des micro-organismes tels que les bactéries, les virus et les protozoaires en modifiant leur ADN pour les empêcher de se reproduire. L’aéroport de Hong Kong, par exemple, utilise des robots équipés de lampes à ultraviolets pour désinfecter les zones fréquentées par les passagers.

Des objets du quotidien avec désinfection intégrée 

Peut-être l’une des innovations les plus intelligentes dans la lutte contre la COVID-19 consiste à intégrer des outils désinfectants directement dans les objets du quotidien. En effet, il est assez difficile de changer des habitudes bien ancrées et rien ne garantit que les personnes continuent à prendre les précautions sanitaires nécessaires (comme se laver régulièrement les mains ou éternuer dans son coude) après la sortie du confinement. Les solutions intégrées peuvent donc contribuer à garantir une protection plus forte dans les espaces partagés très fréquentés, comme les aéroports, les espaces de coworking, les gares ou encore les centres commerciaux.

Par exemple, Smart Hygiene, une startup britannique, a développé une poignée de porte autonettoyante appelée SteriGrip. Après chaque utilisation, un système de rotation fait tourner la poignée à travers la porte et un réservoir de désinfection interne la désinfecte avant de la faire ressortir.

Dans un autre registre, Parx Materials développe des plastiques dotés de propriétés anti-bactériennes afin de protéger les produits contre toute contamination. Ce matériau breveté peut être utilisé dans de nombreux produits et secteurs. La startup a récemment signé un partenariat avec ZincIn pour appliquer sa technologie aux plateaux des restaurants et chaînes de fast food. Le but est de protéger les clients contre les bactéries et virus, des études ayant montré une réduction de 99,9 % du nombre de microbes sur ces plateaux par rapport aux plateaux classiques utilisés auparavant. Alors que les restaurants commencent à rouvrir partout dans le monde, les technologies de ce type semblent essentielles pour réduire le risque de propagation de la COVID-19 et d’autres maladies. La startup a également développé une gamme d’étagères antimicrobiennes pour la chaîne de magasins Aldi, montrant une fois de plus la polyvalence de cette technologie.

La startup allemande Uvis se concentre de son côté sur la désinfection d’un autre objet clé, que l’on touche régulièrement sur le chemin du travail ou en voyage : la rampe d’escalator. Elle a développé un module qui désinfecte rapidement la rampe en l’exposant à des UV-C germicides à chaque fois que la main courante rentre dans la partie fermée de l’escalator.

En plus de lutter contre la propagation de maladies, tous ces efforts sont importants pour rassurer les personnes qui ont peur de retourner au bureau, d’aller faire les magasins ou de se promener dans des espaces publics après le confinement. En effet, selon un sondage Ipsos Moris de mai 2020, 71 % des Britanniques étaient angoissés à l’idée de quitter leur domicile si les commerces étaient autorisés à rouvrir et les restrictions de voyage levées. Cette peur est présente partout dans le monde – même si de nombreuses personnes ont hâte de voir l’économie relancée et de reprendre leur vie, la peur des espaces publics persiste. Cela montre bien la nécessité pour les startups disposant de technologies pertinentes de travailler main dans la main avec les entreprises et les gouvernements pour aider à rendre les espaces publics les plus sûrs possible pour les citoyens.

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